Mouvement des jeunes communistes
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Interview de Pierric Annoot dans L’Humanité Dimanche
« Permettre aux jeunes de faire de la politique concrètement »
Le mouvement jeunes communistes de France tient son congrès du 15 au 18 avril. L’organisation de jeunesse fête cette année ces 90 ans mais n’a rien perdu de ces ambitions révolutionnaires. Pierric Annoot, secrétaire général du mouvement, répond aux questions de l’ « HD »

Les jeunes communistes sont en congrès ce Week-end, quels sont les principales idées misent en débat ?

Depuis notre dernier congrès en 2006, deux faits majeurs sont intervenus qui vont immanquablement structurer nos débats : l’arrivée de nicolas Sarkozy au pouvoir en 2007 et avec lui l’avènement d’une droite plus antisociale et sécuritaire que jamais et l’explosion de la crise du capitalisme. C’est deux événements changent en profondeur la situation et les Jeunes sont en première ligne. Le chômage des jeunes explose ainsi que la précarité dans tous les domaines : logement, santé, loisirs ainsi que les cibles principales de la droite notamment via les réformes sur le lycée ou l‘université. Nous sommes donc face à un double enjeu : répondre à l’urgence de la situation des jeunes tout en ouvrant de perspectives pour sortir de ce capitalisme dévastateur. Toutes les études montrent une prise de conscience sur les dangers qui pèsent sur l’avenir même de l’humanité. Le capitalisme est incapable de répondre aux besoins sociaux et environnementaux.

Comment mobiliser des jeunes qui se sont encore massivement abstenus lors de dernières élections régionales ?

La question du rapport des jeunes à la politique nous est encore posée de manière plus forte avec cette abstention, cela doit poser des questions à l’ensemble des organisations politiques. Nous le disons depuis longtemps à la JC, ce n’est pas la politique que rejette les jeunes mais la manière de faire de la politique aujourd’hui qui ne leur correspond pas.. Beaucoup se sont engagés dans les mobilisations sociales ces dernières années mais nous avons besoin d’élargir encore pour étendre cette participation à l’ensemble de la jeunesse. Nous voulons dépoussiérer la manière de faire de la politique. Le mouvement jeunes communiste cherche a mieux être le cadre d’expression de la colère et à unir la jeunesse autour d’un projet commun.

Quelles pistes voulez vous explorer pour y parvenir ?

Nous voulons être l’organisation du quotidien, au plus près de la vie des jeunes. Pour pouvoir prouver qu’on peut changer beaucoup il faut d’abord prouver qu’on peut changer un peu. C’est le sens de notre campagne pour de nouveaux droits pour les jeunes. Par exemple, Nous avons mené des luttes sur l’accessibilité des transports dans de nombreux départements. A partir de cette question qui touche le quotidien des jeunes, nous posons les questions des logiques globales qui brident les capacités de déplacement. Cette démarche permet de mettre en mouvement des jeunes, leur permet de faire de la politique concrètement. Les jeunes peuvent être un grand vecteur de transformations de par leurs aspirations, leurs rêves, leurs désirs de changement. Nous ne changerons pas tout tout seuls. Notre congrès sera l’occasion de nombreuses interventions d’associations de quartiers, de syndicats lycéens ou salariés. Nous avons également auditionné des personnalités du mouvement social, des artistes, des intellectuels Nous voulons être ouverts aux jeunes tels qu’ils sont et rassembler les forces disponibles pour changer les logiques.

La gauche semble déjà tournée vers 2012, est ce un objet de débat chez les jeunes communistes ?

Le changement que nous voulons Ce n’est pas en 2012 que ça se passe mais ici et maintenant. La bataille des retraites commence et c’est un vrai choix de société qui concerne les jeunes. Savoir si l’allongement de l’espérance de vie doit permettre de mieux s’épanouir ou bien de connaitre l’exploitation un peu plus longtemps est un vrai choix, comme celui de savoir qui doit payer. Nous interviendrons dans ce débat avec des propositions pour sécuriser l’emploi des jeunes qui est une des clefs. On est incapable de donner du travail aux jeunes et on voudrait allonger la durée de cotisations ? ce n’est pas sérieux.

Avec la crise du capitalisme, on reparle de Marx, la JC s’offrirait-elle une seconde jeunesse pour ces 90 ans ?

On peut dire ça, Je pense que le communisme est profondément moderne car émancipateur. Tout appel aujourd’hui dans la société au partage, à la mise en commun, des savoirs, des ressources, des richesses. C’est la voie de la sortie de la crise et de l’impasse capitaliste. A la JC nous disons : « le capitalisme à fait son temps. »


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