Lundi 4 avril en début de soirée la force française Licorne a ouvert un nouveau front en attaquant le camp Gbagbo au prétexte de détruire son armement lourd. Le Mouvement Jeunes Communistes de France condamne une nouvelle fois fermement l’ingérence de la France dans les affaires ivoiriennes. Cette intervention promeut une sortie belliciste du conflit (en soutenant unilatéralement le camp de l’ancien responsable Afrique du FMI, marié à Neuilly par Nicolas Sarkozy en personne, Alassane Ouattara et en l’encourageant à la guerre). Elle pousse à une intervention étrangère sur le plan international (au niveau de l’ONU). L’action que mène la France depuis la semaine dernière est illégale : elle n’a aucun mandat international (la résolution 1975 des Nations Unies ne porte que sur l’ONUCI). Le tour de passe-passe de ces derniers jours pour faire reconnaître la légitimité de la France n’est qu’une caricature contraire au droit international. Cette offensive ne peut qu’entraîner une hausse du nombre de victimes dans le pays. Rappelons que la France est présente militairement en permanence dans toutes ses anciennes colonies d’Afrique subsaharienne et que son intervention de 2004 avait entraîné un bain de sang : un bel exemple de « démocratie à l’occidentale »... C’est cette même logique de « démocratie par les bombes » que l’on voudrait imposer aujourd’hui !
L’image de la France est souillée par cette logique va-t-en-guerre en Afghanistan, en Libye et aujourd’hui en Côte-d’Ivoire. Cette intervention participe au durcissement des relations entre les deux camps et à la déstabilisation du pays. Une issue pacifique est pourtant possible : forcer les deux camps à s’asseoir à la table des négociations ou promouvoir le désarmement immédiat et global des forces rebelles et des miliciens au service d’Alassane Ouattara comme de Laurent Gbagbo.
L’ingérence de l’Occident et des grandes puissances n’a aujourd’hui abouti qu’à une évolution de la crise vers la guerre civile. Nous appelons au retrait immédiat de la force française Licorne de la Côte-d’Ivoire, et soulignons l’importance d’une reprise des négociations organisées, avant tout, par les Ivoiriens avec la médiation de l’Union Africaine. D’autant qu’il semblerait que le chef d’état-major de l’armée loyale à Laurent Gbagbo, le général Philippe Mangou, ait déclaré que ses troupes ont « arrêté les combats » et « demandé un cessez-le-feu » à la force onusienne. Quelle que soit l’issue de cette guerre, la crise politique, institutionnelle, économique et sociale qui sévit en Côte-d’Ivoire mettra des années à cicatriser. Il faut dès aujourd’hui s’attaquer aux enjeux fondamentaux que sont la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes sans ingérences extérieures et des populations à gouverner leur propre destin sans être les victimes des décisions de quelques oligarques.