Il y a dix ans, les États-Unis étaient frappés par un terrible double attentat commis à New York et à Washington. Près de trois mille personnes y laissèrent la vie. Nous nous joignons à la douleur de ceux qui ont laissé un être cher à l’occasion de ces événements.
Néanmoins, ces dix années ne doivent pas constituer un quelconque blanc-seing à la réponse qui a été apportée à ces événements. Souvenons-nous : passée l’émotion du drame, le 11 septembre a été transformé en opportunité par les conservateurs et autres faucons au pouvoir à Washington. Sous l’égide de George W. Bush, la sacro-sainte lutte contre le terrorisme a permis d’intervenir Afghanistan et en Irak au nom de la liberté. Pour quels résultats ? Ces deux territoires sont occupés et en proie à une violence sans précédent. Les islamistes n’en n’ont été que plus renforcés à tel point que les Etats-Unis en viennent à renégocier avec les talibans en Afghanistan. autrefois honnis, ils redeviennent fréquentables tant qu’ils servent les intérêts des grandes puissances comme c’est le cas en Libye.
A y regarder de plus près, il s’agissait de surtout de répondre aux besoins économiques et stratégiques de la première puissance mondiale, par le biais de son bras armé que constitue l’OTAN, quitte à user de mensonges et de menaces envers ceux qui émettraient une quelconque réserve sur ces actions. Se sont joints à cette croisade tous ceux qui y ont vu une opportunité de profit. En effet, à qui profite le crime ? la course à l’armement a fait exploser les budgets de la défense des grandes puissances et contribué à leur endettement actuel sans que cela ne soit remis en question. Derrière, ce sont les compagnies d’industrie d’armement qui se sont gavées sur le dos du public. De même, la frénésie sécuritaire a enrichi les sociétés de sécurité privé, aux mains des amis du pouvoir (exemple en France, la première société de vidéosurveillance est la propriété du frère de Brice Hortefeux).
Ces événements ont généré des conséquences incroyables dans le monde. Pour justifier ses desseins belliqueux, l’administration américaine de l’époque n’a pas hésité pas à mettre en avant la théorie fumeuse du choc des civilisations pour expliquer le nouveau découpage du monde. Ce qui a eu pour conséquence de mettre au pilori tous les musulmans, devenus soudainement des suspects en puissance. Au-delà, une véritable frénésie sécuritaire s’est instaurée pour instiller la peur et casser les solidarités, conduisant à une remise en cause d’acquis démocratiques et favorisant la répression. Grévistes, migrants, jeunes : tous sont le coup de lois sur le terrorisme. Démocratiques ou non, de nombreux Etats ont profité de la guerre contre le terrorisme pour réprimer durement leurs peuples.
Cela sert évidemment à éluder les vraies causes de ce terrible attentat : le capitalisme et les inégalités néfastes qu’il engendre, véritable terreau pour l’extrémisme. c’est donc bien en combattant les logiques marchandes et le repli sur soi que l’on pourra rendre hommage aux victime de cette tragédie.